Les voyages de xénocide - Nouvelle
21 février 2008 par zaclepoete
Cher et imminent confrère, et ami,
Loin de devoir vous révéler la nonchalance excessive et ennuyeuse des Aldébarans après une soirée bien arrosée au bistro « Chez Paupaule », je me vois vous confier l’anecdote dogmatique à la chasse à la cagouille d’Alpha du Centaure que vous chassâtes vous-même au lasso en clopinant sur un pied - bien dangereusement d’ailleurs – et auquel vous restâtes accroché des heures durant avant d’assener le coup fatal à cet animal cruel et vigoureux : une balle de calibre 9mm entre les deux yeux… Néanmoins, je vous accorderai, au bénéfice de la victoire, le splendide trophée que vous rapportâtes sans appeler à la mémoire l’état dans lequel ce singulier animal vous laissa après qu’il vous ait traîné des jours entiers derrière lui. (Mais revenons au sujet de cette lettre.)
L’astuce, disais-je, qui consiste à attraper cette bestiole est unique et sans appel, l’ayant moi-même usité par deux fois pendant ces deux derniers safaris. En effet, vous apprîtes tout comme moi que tout animal retourne toujours au même endroit qui constitue son territoire (point d’eau, tanière, canapé (pour les mâles), cuisine (pour les femelles), réfrigérateur) et d’attendre que l’un deux s’isole. Ce que vous oubliâtes à en juger par la manière dont vous chargeâtes le troupeau en criant le très fameux « Ah, ça ira, ça ira ! » et armé de cette bonne vieille cracheuse de dragée en plomb qui, bien que splendide face aux moustiques d’Altaïr, effraya le troupeau de cagouilles qui mit plusieurs mois avant de réapparaître près de notre point de gué. Ainsi je préconise l’attente, silencieuse et immobile, un peu comme cette fois-là dans les gorges du Mont Vénusien où un Phtirius Haltérophilis passa à moins d’un mètre de vous sans vous voir (aveugle sans doute) bien qu’affamé de sang, et que vous assommâtes avec un gourdin tandis qu’il sombrait dans le sommeil en écoutant les Beatles, un groupe Beatnik de cette région.
Oui, mon ami, je pense que l’attente est la meilleur des solutions. Et ensuite tirer l’animal à bonne distance surtout s’il est dangereusement énergique comme cette cagouille, par exemple, alors qu’il s’amuse à faire des ronds dans l’eau avec son pied, et puis d’assez loin afin de ne pas abîmer sa fourrure, dont le peau est si prisée dans l’ameublement. Sur ces bons conseils, je vous laisse en espérant bientôt nous revoir dans quelques expéditions vers Alpha du Lactel où l’on prétend qu’il y vit une très forte concentration, en agglomération, de bipède dangereux (si, si…) pourvu d’un système linguistique primaire mais, qui devrait sans doute vous intéresser. Un bonne partie de chasse en perspective donc.
A bientôt,
Votre ami,
Xénocide,