Le silence des badauds - Poésie
21 février 2008 par zaclepoete
Je n’ai pas voulu sortir la veille au soir,
quand j’ai vu la police et les types cagoulés.
J’ai fermé la fenêtre. Il y avait tant de bruit !
Le vacarme des armes automatiques
attendre que le calme revienne…
Ce n’est pourtant pas la première fois.
La sirène des camions de pompiers
a retentit ensuite près de là.
Une voiture, un tabac, ou une pharmacie
brûlait dans le quartier voisin,
des tuniques bleues armés étaient en retrait.
Quel combat fallait-il étouffé ?
J’ai augmenté le son de la télévision :
le 20 H parlait encore d’affrontements en Palestine, en Corée, à Cuba,
et si peu sur les bruits à ma porte.
Sourde oreille médiatique ou cécité politique,
suis-je seul à regarder ?
Oh, bien sûr ! Il est de rigueur de critiquer !
Les mentalités sont aussi solides que les racines…
Et le vent des idées révolutionnaires, toutes,
apportent le chaos tant redouté, colère et désordre,
comme à un môme irascible à qui l’on retire son jouet.
En revanche, la Démocratie est le pouvoir du peuple.
Alors je tire les rideaux, je verrouille ma porte,
je cadenasse mon allusion au bonheur,
cher à Rimbaud, à Voltaire, à Hugo,
Il y a des trous dans ma portière ce matin,
circulaire et un peu enfoncé à cet endroit,
une dizaine d’impacts de gros calibre,
rapprochés, comme à un tir de ball-trap
ce n’est pourtant pas une voiture neuve,
juste, « ma » voiture.