Archétype d’un emploi - opus 1 - Article
16 février 2008 par zaclepoete
Préambule :
L’état d’esprit à tenir dans une recherche d’emploi, consiste à prendre en considération ses besoins, son dynamisme et son individualité. Riche de ce savoir, vous irez de l’avant vendre un savoir faire que vous échangerez contre un salaire.
Les préparatifs
Son entretien avec le futur employeur est presque toujours une épreuve. Sans doute avons-nous gardé en nous le regard d’enfants soumis à ses parents ? Peut être. Notre perception du monde, notre sociabilité face aux autres, est bien évidemment construite depuis notre enfance par nos parents, notre sphère familiale, notre constellation ethnique, notre Histoire, etc. Notre milieu social détermine à son tour notre servitude (ça heurte hein !) vis à vis de l’autorité patronale (ou sociale). Si bien que les termes de « nous » et « moi » ne signifient PAS la même chose d’un individu à l’autre. C’est ce point que « pèse » en premier lieu l’employeur. Vous pouvez être le parfait candidat : si vous avez un nombril aussi gros que votre trou du cul, si votre futur employeur estime que votre personnalité ne s’accordera pas avec son équipe, vous devrez trouver un autre job ailleurs (c’est aussi vrai avant que pendant !). L’intérêt des mois d’essai consiste de part et d’autre, à appréhender son travail et à décider si oui ou non, l’emploi chez cet employeur est « viable ». Pour ma part, je n’ai jamais entamé de démarches chez un employeur sans savoir au préalable ce que je souhaitais apporter et éventuellement y gagner en compétence. Par ailleurs, mon nombril me semble de taille normal, mais merci de vous en préoccuper… Si vous ne connaissez pas le contenu du métier que vous devez ou souhaitez occuper, rendez vous sur le site de l’ONISEP 1.
Une étape : prospecter du domicile
Tout commence donc par la coupure de journal, où par des recherches d’emploi sur le site de l’ANPE, ou encore, les sites internet des entreprises elles-mêmes. Cette démarche est simple mais proportionnellement décourageante, de prime abord, par le nombre de compétences, ancienneté, diplômes et autres technicités nécessaires. En France, le diplôme est le grand manitou de l’emploi et à mes yeux sa plus grande faiblesse : vous ne pouvez pas être Technicien de maintenance le Lundi, Faire du porte à porte le Mardi, Dessinateur Projeteur le Mercredi, cuisinier le Jeudi, et informaticien le Vendredi sans montrer le bout d’un diplôme ou mettre une expérience professionnelle dites « significative » sur votre CV ! Les entreprises, selon le métier (et l’âge de leur patron) ont besoin d’être rassuré par le contenu d’un cursus scolaire plutôt que par un choix d’orientation personnel ! Les métiers manuels sont certainement mieux lotis car les ouvriers sont « jugés sur pied »… Le paradoxe est lorsque un individu est surdiplômé et incapable de trouver un job payé au nombre d’année d’études : Allez lui faire tenir le balais à celui-là en lui parlant du SMIC ! Pauvre France !
Ce qui me semble important, ce n’est pas le contenu de l’annonce qui cible « le candidat parfait », c’est la valeur de l’occurrence comparés aux postes similaires et votre positionnement par rapport à la somme des qualités demandées. Aussi, je sélectionne et je classe les entreprises par centre d’intérêt, et non pas en fonction du contenu. Vous devez être capable de dire si vous pourriez occuper le poste, malgré le manque d’ancienneté, l’age, le sexe, le cursus scolaire, et le salaire. Tenez également un agenda : d’une part, il vous permettra de consigner les rendez-vous et démarches entreprises et d’autre part de consigner vos appréciations pendant et après un rendez-vous. L’idéal est de planifier ses journées en avance, d’une semaine sur l’autre, de tenter de s’y tenir et d’accepter les imprévus (perte d’énergie, rendez-vous client, etc.) Vous devez rester maître de la situation et garder à l’esprit vos objectifs (travail, détente, etc.). Si je n’ai pas trop la pèche ou si je suis d’humeur maussade, je fais de la prospection sur le terrain : ça permet de s’aérer l’esprit et de se sentir actif. Il est inutile de se gaver l’esprit au point de surcharger ses neurones. Gardez-vous du temps pour vous, et puisque vous avez « peut être du temps à perdre », profitez-en pour faire ce que vous ne pouviez pas faire lorsque vous travaillez (marcher, pédaler, courir, nager, peindre, créer, bricoler, etc.) Ressentez en vous le besoin du moment. Mais restez actif !
Une étape : prospecter sur le terrain
Vous pourriez envisager de faire de la prospection. Elle consiste à rechercher les entreprises qui se sont implantées économiquement dans la région. Selon le secteur d’activité, il n’est pas rare que plusieurs d’entre-elles soient localement concentrées… Les enseignes de ces entreprises devraient vous renseigner sur le contenu de l’activité commerciale. Après c’est au feeling : le principal c’est de se sentir près à monter dans l’arène ! Rien ne sert de se précipiter ! Il faut se sentir près ou vaguement près. Afficher de la persévérance, c’est aussi mettre des chances de son côté… Faire de la prospection, c’est montrer déjà un engagement de soi-même dans la recherche active de son futur emploi ! C’est d’autant plus difficile que vous ne savez pas comment vous y prendre, ni comment vous serez accueilli… ça fait peur ! Et alors ? Tentez ! Faites-vous votre propre idée de la difficulté, ayez peur, bafouillez, et vous constaterez que vos interlocuteurs ne sont pas si monstrueux que ça. Cependant, pour ne pas prendre de risque vis-à-vis des entreprises qui vous intéresse, commencez par vous faire la main sur celles qui revêtent à vos yeux le moins d’intérêt (ou pas d’intérêt du tout). Au bout de la dixième ou de la quinzième, vous aurez pris de l’assurance, et vous y parviendrez plus facilement, j’en suis persuadé.
Je n’envoie jamais de lettre de motivation. J’estime que c’est une perte de temps que d’y démontrer ses compétences linguistiques. Surtout lorsque l’offre d’emploi est à l’échelle nationale (ANPE et autres sites de proposition d’emploi), votre candidature est posée sur une pile selon des critères inconnus de vous, pour des raisons totalement inavouables, et cordialement sanctionnés par le contenu sémantique de votre CV. D’ailleurs, la missive que l’on vous postera en retour sur papier gaufré et encre couleur montre avec quelle acception, vous marquâtes le service de recrutement, qui, malgré l’intérêt que votre candidature à suscité, est au regret de vous informer, etc. etc.. Je vous passe les détails, cette lettre est correctement aseptisée, et n’a d’autre pouvoir que d’anesthésier vos futures démarches d’emploi, au cas où vous auriez gardé quelques espoirs après un mois de silence. Je préfère la méthode directe, chacun son truc, non ? A ce sujet : PME, PMI ou grand groupe ? Vers quoi votre cœur balance ? hum ?!
Je suis plutôt timide. Ne cherchez pas l’étiquette, ça ne se voit pas ! Et cela ne m’a pas empêché de faire de la vente au porte à porte pour vendre des encyclopédies - d’entrer chez des gens inconnus, être accueilli par des personnes qui ne m’attendaient pas et de vendre des livres ! Sachez tirer partie de vos faiblesses, faites en une force. Si vous êtes moche, jouez sur votre physique. Si vous êtes un Gothic, portez une cravate blanche plutôt que rouge… Creusez vous la tronche pour que le premier contact soit positif. Votre tenue vestimentaire doit être à l’image de l’entreprise que vous allez rencontrer. La cravate est juste protocolaire : c’est une façon éhonté mais franchement visuelle de montrer « un » certains sérieux. Et le visuel, c’est la première chose que vous avez à mettre en avant pour présenter par la suite votre CV. Ensuite tout dépend de l’entreprise bien entendu. Certaines entreprises jugent votre garde robe en rapport avec vos capacités. D’autres se fiches de votre physique et de vos pompes Nike ! Un milliardaire peut-il se passer d’une limousine avec chauffeur lorsqu’il a aussi une Ferrari ?
Comme je le disais plus haut, je n’envoie jamais de lettre de motivation, ET, je ne donne pas inutilement de CV à une entreprise. Si l’entreprise n’a pas de besoin en personnel, à quoi bon lui laisser votre si précieux CV, sinon pour son « propre » usage nombriliste avec la raie au milieu ? Vous l’aurez compris, ce n’est sûrement pas une question d’économie ! Par compte, je me déplace ! C’est beaucoup mieux ! Si l’entreprise en question demande un CV + LM, elle vous fournit son adresse. L’argument négatif qui consiste à entendre de certains professionnels de l’emploi que « si tout le monde se déplace pour porter son CV … etc. etc. » et que « c’est pas bien », si vous entendez les mots « ça sert à rien, inutile, inefficace » ne vous formalisez pas. (c’est du vécu !) Le dynamisme pour la recherche de son emploi n’est pas à la portée de tout le monde. D’ailleurs, les entreprises ne sont pas harcelées du démarchage des 2 750 000 chômeurs en France, vous avez donc toutes vos chances ! Si l’on juge qu’une grande partie de ces chômeurs sort d’études supérieures où leurs professeurs ont formulé l’intérêt d’une démarche personnelle identique… A l’inverse, le jour où tout le monde se déplacera chez leur futur employeur et que ce dernier se sentira « harcelé » au point de mettre des miradors (bon d’accord, c’est un peu excessif…) et autre standard d’accueil (rien n’est impossible, nan, nan !) pour filtrer les visites, il vous restera bien le temps d’envoyer un CV et une lettre ! A bon entendeur.
Une méthode
Pour ma part, j’emporte juste quelques CV sur moi, un bloc pour prendre des notes et une liste d’entreprises. J’organise ma semaine comme un entrepreneur, c’est très jouissif, si si ! Après, c’est au feeling. Quelque soit la résistance rencontrée lors de votre prospection, il est nécessaire de garder à l’esprit ses objectifs :
Résistance au point d’accueil :
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Quel est le nom du responsable du recrutement ou de son équivalent hiérarchique?
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Quel est son titre, fonction et autre grade ?
Cherchez à savoir le plus de chose sur l’entreprise, ambiance générale, etc. A mon sens, la manière dont vous êtes reçu dénote souvent de la mentalité générale de l’entreprise (par expérience…). Vous pouvez ensuite tenter la prospection téléphonique, c’est franchement plus difficile. Tout dépend de vos atouts !
Résistance du responsable du recrutement :
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Est-ce que l’entreprise à des besoins en matière de personnel tel que vous ?
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Peut-il vous recevoir 5 minutes en entretien ?
Si vous passez la porte de l’entreprise et rencontrez un dirigeant (PDG, DRH, etc. ), alors vous avez franchi la première étape. Si vous parvenez à décrocher dans les 2 minutes un entretien de 5 minutes (qui durera une demi heure au moins) alors vous avez franchi la seconde étape. Vous dérangez ? Proposez un rendez-vous ! Pas de temps à vous consacrer pour vous rencontrer ? Proposez un rendez-vous ! Le cas de refus typique est celui d’un rendez-vous reporté sous huit jours, donné dans un couloir ou à la porte de sortie (!). Votre détermination fait déjà la différence puisque l’entreprise ne vous attendait pas. Il y a quantité de moyens détournés pour vous faire comprendre que vous êtes un indésirable notoire (ou un emmerdeur) , ou si vous préférez, que vous dérangez. Il y a des exceptions au report de RDV qui se justifient et ce sont de précieux gages d’honnêteté. Si vous êtes joueur dans le sens provocateur, et si vous êtes persuadé de la malhonnêteté verbale de votre interlocuteur, mettez celui-ci dans l’embarras juste assez pour qu’il comprenne que l’image qu’il véhicule de son entreprise est négative par sa méthode de communication… De toute manière, vous avez tout à gagner de ne pas entrer dans une entreprise qui montre dès le premier abord son hostilité (par expérience !)
Tout dépend bien entendu de votre comportement, cela va sans dire… Mais personne ne peut vous manquer de respect parce que vous tentez de savoir comment vous pourriez travailler pour cette société !
Dans tous les cas, ne perdez pas de temps avec une entreprise qui conduirait ses effectifs de la même manière qu’elle vous reçoit. (Du vécu là encore) Vous devez chercher à cibler les besoins de cet employeur et les faire apparaître à travers votre CV. N’oubliez pas que le CV est là juste pour « meubler ». Un employeur potentiel ne fiche « royalement » du papier que vous lui présentez : il oriente juste ses questions en fonction de ce que vous dites et de ce que vous lui présentez. Lorsque vous arrivez à la question du salaire, vous aurez encore franchi une étape. Ensuite, selon ce que vous aurez dit, l’employeur potentiel vous proposera de vous rencontrer de nouveau en vous en expliquant les raisons et/ou vous demandera vos disponibilités. Et là, vous avez passez une étape déterminante car cette fois-ci, c’est l’employeur qui est demandeur !
Epilogue
Vous pourrez vous détendre que lorsque vous aurez quitté l’entreprise après cet entretien. Suivez les conseils que l’on trouvent un peu partout sur le « comment réussir un entretien ». Si vous entrez ne serait-ce qu’une seule fois dans une entreprise par cette méthode, inutile de tenter de réitérer cette prouesse cinq minutes plus tard. Faites une pause ! Rechargez vos batteries ! Regonflez vous à bloc ! La prochaine fois, c’est la bonne…
Conclusion à retenir
J’ai avantageusement testé cette technique deux fois au cours des cinq dernières années et j’ai constaté le succès de cette méthode. La preuve, je bosse grâce à cette méthode… Ce n’est pas une formule extra ordinaire, ni une technique imparable, mais elle constitue à mes yeux celle qui convient le plus à ma personnalité. Libre à vous de l’adapter à vos besoins et d’y ajouter de votre charisme ! Je n’ai pas volontairement « caché des détails techniques » mais n’est-il pas préférable que vous cherchiez par vous même votre propre méthode. Le bluf marche aussi pour créer une impulsion ou démêler une contre vérité. C’est vous qui devez mener la danse !
Dans l’opus 2, vous découvrirez les éléments essentiels à la présentation de son CV, la demande de salaire, bref, ce qui constitue à part entier la négociation de son futur emploi… Dans cette attente, vous pouvez me donner vos commentaires et astuces sur des points que j’aurai omis…